Vous êtes fan de la série Le Mentaliste ? Patrick Jane, l’homme qui lit en vous comme dans un livre ouvert, vous impressionne et vous fascine ? Plus prosaïquement, vous en avez marre de vous faire arnaquer par vos proches ou par des  « conseillers clientèles » plus que douteux ?

Apprenez avec ce dossier comment devenir une véritable machine à détecter les mensonge.

Je ne peux pas la présenter ici et l’information est donc à relativiser, mais une étude démontrerait que les anciens prisonniers, les membres des forces de l’ordre, les agents secrets et les menteurs professionnels sont meilleurs que la moyenne de la population pour détecter les mensonges chez leurs proches. Normal me direz vous, pour eux la question « en qui puis-je avoir confiance ? » est parfois vitale.

Il est donc possible de s’entrainer à détecter le mensonge.

Retenez par ailleurs qu’il est plus facile de reconnaître le mensonge lorsque vous connaissez déjà la personne. Appelons cela de la calibration : vous avez l’habitude de ses gestes, de ses mouvements, et de son comportement. Pourtant, les indices que je vais vous proposer dans l’article qui suit sont aussi efficaces face à des inconnus. Et plus vous leurs parlerez, plus vous aurez de chances de lire en eux.

Si les escrocs présentaient des têtes d’escrocs, ils ne pourraient pas faire ce métier. Il est donc nécessaire de faire semblant de le croire facilement pour qu’il baisse sa garde, afin d’avoir une chance de le voir se trahir. [Schopenhauer]

Comment diriger la conversation :

Tout d’abord, placez vous de manière à ce que vous puissiez focaliser toute votre attention sur votre cobaye, que rien ne parasite votre attention. De même, il ne faut pas que son langage corporel vous échappe parce qu’il a pu se réfugier dans une tache ou une autre : l’idéal serait un face à face dans une pièce calme, debout, sans objets entre vous. Pour le reste, je vous recommande de regarder quelques épisodes de Columbo, il était très bon pour procéder comme suit :

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  • Vous n’avez peut être pas intérêt à ce que votre interlocuteur soit stressé, il serait moins naturel. Ne lui mettez pas la pression au début, tant que ce n’est pas nécessaire.
  • La personne qui ment est tendue : Alternez questions simples (pour la mettre en confiance) et questions complexes (pour mieux observer ses réactions). Passez de temps à autres à un sujet plus innocent sur lequel votre interlocuteur n’a pas besoin de mentir. Vous pourrez le calibrer plus facilement, et vous observerez s’il cherche à se réfugier sur les sujets où il n’a pas besoin de mentir.
  • Tout au long de la conversation, demandez des détails pour découvrir les incohérences qui se cachent sous la surface : c’est le seul moyen de forcer le menteur à inventer son histoire en temps réel.
  • Forcez votre interlocuteur à se répéter en attaquant par des angles différents, ou en faisant mine de ne pas avoir compris un détail expliqué quelques secondes plus tôt.
  • Enfin, n’autorisez pas les réponses vagues ou imprécises qui sont une fuite et un mensonge par omission : Utilisez des questions fermées (de celles où l’on ne peut répliquer que par « oui » ou « non ») pour vous assurer que l’on répond exactement à votre question : Il est facile de dire à un enfant qu’un plat de légumes a l’air succulent et qu’il est plein de bonnes choses pour l’organisme. Mais quand il vous demandera « si les épinards c’est bon », vous aurez plus de mal à répondre directement par « oui, bien sûr. Tu vas A-DO-RER ».
  • Le moment venu, confrontez le mensonge avec les éléments qui vous mettent la puce à l’oreille : il est temps de passer à l’offensive. Si vous n’avez pas assez d’éléments, vous pouvez tenter un bluff, mais la technique est dangereuse car si vous vous trompez, vous devrez mentir à votre tour pour vous justifier.
  • Songez à laisser une porte de sortie honorable à votre interlocuteur pour ne pas le froisser définitivement : évitez ainsi de vous en faire un ennemi.

Feindre de croire un mensonge est un mensonge exquis. [Maurice Chapelan]

Les indices à observer :

Voici les indices à analyser et à reconnaître en fonction de ce que vous savez de la personne et de la situation. Les comportements que la tradition attribue au menteur (rougeur, mains moites, regard fuyant…) ne sont pas toujours présents, ne serait-ce que parce que le menteur expérimenté les maîtrise. Par ailleurs ils peuvent arriver naturellement dans une conversation sincère, si l’un des protagonistes est stressé, timide ou qu’il ne supporte pas la cuisine de son hôte.

Le langage corporel :

  • Une personne sincère s’extériorise plus et dirige ses bras vers l’extérieur : Un menteur fera moins de gestes et ses bras seront dirigés vers son corps en priorité.
  • Si le menteur a des gestes moins amples, il est plus souvent victime de micro-gestes involontaires et il ne tient pas en place, il change de position plus souvent qu’à l’ordinaire.
  • Celui qui cherche à vous tromper n’aime pas faire face à son interlocuteur et tournera son visage ou son corps vers l’extérieur. Il cherchera à placer un maximum de distance ou d’objets entre vous et lui.
  • De même, il aura tendance à mettre sa main en contact avec son visage et en particulier avec sa bouche (comme l’enfant qui ment) ou avec son nez (rappelez vous… Pinocchio).

Le visage :

  • Une expression réelle occupe tout le visage alors qu’une expression simulée ne se dessine qu’au niveau de la bouche. De plus, les sentiments réels de la personne qui ment ont une petite chance de transparaitre un bref instant sur son visage, même si son attitude physique est cohérente avec ce qu’elle dit : si par exemple elle fait la moue un bref instant mais semble abonder dans votre sens, cela veut dire qu’en réalité, elle n’est pas d’accord avec vous…
  • Regardez les yeux de votre interlocuteur : Le menteur évitera de vous regarder dans les yeux, ou bien pour se donner contenance il ne vous lâchera pas du regard.
  • Dans ce dernier cas, vous pourrez peut être observer des clignements d’yeux plus fréquents et des pupilles qui se dilatent et se contractent légèrement à certains passages clefs de la conversation.
  • Apprenez à détecter la crispation de certains muscles faciaux, une crispation totalement inconsciente qui n’est statistiquement lisible QUE dans les cas de mensonges.
  • Le menteur rougit, c’est souvent vrai, mais généralement de manière quasiment imperceptible et il vous faudra de l’entrainement pour le constater.
  • Enfin il est possible d’analyser le raisonnement de votre interlocuteur en fonction de la direction que prend son regard lorsqu’il réfléchit, mais le sujet est un peu trop difficile à expliquer en quelques lignes. Son analyse fera peut-être un très bon article du type : « Comment lire dans les esprits »

Les émotions :

  • Les émotions que manifeste votre interlocuteur sont décalées : Le menteur doit réfléchir avant de décider qu’il est censé éprouver tel ou tel sentiment.
  • De la même manière, un individu sincère dira ce qu’il ressent un tout petit peu avant d’exprimer réellement ses sentiments. S’il est heureux il sourira à la fin de sa phrase, par exemple. Un menteur réfléchira à la situation, décidera de son attitude, puis s’exprimera en même temps physiquement et verbalement.
  • Une personne blessée par vos accusations aura peut être plus tendance à se comporter de manière agressive. Le menteur, lui, se comportera plus longtemps de manière défensive (sauf si il considère que le prétexte est trop beau pour fuir l’interrogatoire).

Le discours :

  • Pris au dépourvu, le menteur « amateur » n’aime pas prononcer des mensonges trop directs. Il se contentera donc de répondre aux questions que vous posez, sans nier complètement ce qu’on lui reproche. Il peut également se réfugier dans l’humour.
  • Le menteur « préparé » aura plutôt tendance à faire un long développement là où cela n’en vaut pas la peine. Ce seul détail pourrait vous mettre la puce à l’oreille.
  • Le menteur doit souvent imaginer en temps réel ce qui s’est passé dans son histoire. Vous pouvez donc observer un temps de réponse un peu long. Sinon, pour gagner un répit et de la crédibilité, il va répéter vos questions dans ses phrases : « Tu me demandes si j’ai fait [ceci ou cela] de [cette manière] ? Je te réponds que non, je n’ai pas fait [ceci ou cela]. Je ne suis pas du genre à faire [ceci ou cela] de [cette manière] ».
  • Parfois, le menteur évitera les blancs, et donnera plus de détails que de coutume, compensant son manque de crédibilité avec son imagination.
  • Dans sa précipitation, il fera peut être moins attention à sa syntaxe. Si il doit imaginer sa réponse, il passera plus de temps à réfléchir au fond qu’à la forme de ce qu’il dit et il parlera de manière moins vivante.
  • Pour éviter de se mentir à elles-mêmes, certaines personnes trichent en utilisant des variables de temps supplémentaires dans leurs explications. Elles vont parler d’un élément éloigné du passé comme d’un fait récent, ou d’un élément très proche comme d’un fait acquis. Surveillez attentivement les mélanges de temps entre les phrases : Passer du passé simple au présent ou à l’imparfait n’est pas bon signe.

Comment mentir ?

Honnêtement (!?), je vous recommande de ne pas trop mentir, surtout si comme moi vous avez une mauvaise mémoire. Songez que l’expérience radical honesty a fait ses preuves pour certains, même si l’excellent témoignage de A.J. Jacobs dans l’article « I think you’re fat » prouve que l’honnêteté absolue a des limites pour le commun des mortels.

Aucun homme n’a assez de mémoire pour réussir dans le mensonge. [Abraham Lincoln]

Le site Palsambleu propose quelques astuces pour mentir sans se faire repérer, qui consistent surtout à camoufler son langage corporel :

L’auteur recommande d’utiliser le téléphone, de mentir par email, de ne pas mentir à une femme en face (elles seraient plus douées pour détecter les mensonges selon lui, mais je n’en tire aucune déduction :-p ), ou plus simplement de trouver une occupation physique pendant que vous parlez. Cette occupation (vaisselle, déplacement de meubles, …) vous forcera à concentrer votre corps sur une activité précise et court-circuitera quelques uns des signaux parasites. (Note à mes proches : voici une bonne raison pour me retirer la corvée de vaisselle)

Par ailleurs, je vous recommande de préparer votre histoire à l’avance (pour éviter les incohérences) en utilisant des faits simples et des éléments invérifiables. Jouez votre mensonge comme si vous y croyez réellement, mais sans excès : vous n’êtes pas dans une pièce de Shakespeare, ni dans un épisode de Premier Baiser.

Conclusions :

Pour terminer, rappelez vous que (la plupart du temps) parfois, vos proches sont sincères ou pratiquent le mensonge social, celui qui est destiné à protéger et à ne pas faire de mal (ne tenez pas compte de cette ligne si vous faites de la politique). Retenez également que la paranoïa vous entrainerait rapidement dans la solitude et que votre vie sociale vaut bien la peine que vous soyez un peu naïf à l’occasion.

(sources images : 1 - 2 - 3)

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