ASOPEAC est à ce jour l’outil mnémotechnique le plus complet dont j’ai pu entendre parler pour définir ses priorités en survie.
Pour tout dire, il est sans doute le plus indispensable que je connaisse.

Je me suis dit que pour l’article Bushcraft du Lundi, il serait parfait.

(Pour ceux qui n’ont pas reconnu
la source de l’image ci-dessus :
CLIQUE ICI, mécréant !)

Comme je ne suis pas l’auteur du concept, je laisse ce dernier s’exprimer :
J’ai rencontré Ludovic il y a quelques semaines au cours d’une excursion nature, et sa « culture survie » est impressionnante. Il a des années de recherches et de réflexion sur le sujet.

L’article suivant est donc très utile en bushcraft aussi bien qu’en jungle… urbaine.

Lecteur, je te laisse juger mais accroche toi : le contenu de cet article, c’est du lourd !

Ludovic nous parle d’ASOPEAC, le mnémotechnique survie

En situation de survie outdoor, on n’a généralement pas beaucoup d’équipement avec soi (sinon, cela s’appelle du camping).

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La seule ressource dont on est sûr de disposer c’est le temps… mais pas infiniment non plus. Pour survivre, il faut avant tout bien gérer les urgences et les différentes échéances.

On peut dénombrer 7 priorités dont les premières lettres forment le mot magique et mnémotechnique ASOPEAC :

  • Attention
  • Santé
  • Orientation
  • Protection
  • Eau
  • Alimentation
  • Communication

Avant d’expliquer plus en détail les 7 priorités de la survie, je tiens de formuler certaines remarques sur l’outil, son origine, son utilité et ses limites.

 

A l’origine, la fameuse règle de 3 :

Le cœur de ce modèle provient de la règle des 3 de Ron Hood, célèbre survivaliste américain, qui nous apprend que l’on peut survivre :

  • 3 heures sans abris contre le froid ou la chaleur,
  • 3 jours sans eau
  • et 3 semaines sans alimentation.

La règle des 3 peut aisément être extrapolée. On ne peut survivre que 3 secondes sans être attentif aux dangers ou que trois minutes sans oxygène. On peut dire aussi qu’après 3 quarts d’heures sans orientation correcte, on risque d’être perdu et qu’on peut devenir fou sans communication ni lien social pendant 3 mois.

Le mnémotechnique ASOPEAC n’est donc qu’une extrapolation de la règle des 3 de Ron Hood.

Certains esprits critiques pourront toutefois affirmer que l’on peut survivre bien plus longtemps sans eau ni alimentation et ils auront raison.

Pour aller dans le sens de cette critique, je dirai que 3 secondes sans attention c’est parfois bien trop long pour éviter un accident ou qu’au contraire, on peut rester bien plus que 3 mois sans communiquer sans pour autant devenir fou.

Ce modèle est donc complètement faux et pourtant il est d’une grande utilité. L’être humain  a parfois besoin de cadre rigide pour se mouvoir dans une réalité sans forme. L’esprit de la règle importe plus que la règle elle-même. Plus que les chiffres, il faut retenir les idées et en l’occurrence les priorités.

Le lecteur pressé peut s’arrêter ici, la suite nécessitera un peu de concentration, tu es prévenu ! (NDLR)

Explication : les priorités ASOPEAC

 

A pour Attention :

La première des priorités est l’attention quasi permanente face au danger et si nécessaire la prise immédiate des mesures préventives ou défensives qui s’imposent.

Toutes les mères ne répètent-elles pas à leur enfant : « Fais donc attention ou tu marches et refais donc ton lacet ».

Il n’est pas indispensable d’être un survivaliste chevronné pour connaitre cette règle de bon sens. Regardons quelques instants évoluer les animaux dans la jungle urbaine ou à plus forte raison dans la nature.

Dans la nature les animaux sont attentifs, vivent dans l’instant et sont toujours prêts à réagir. Faites comme eux.

Soyez réactifs ou mieux encore proactifs en portant l’équipement de protection.

Là encore, souviens-toi de ce que te disait ta mère : « mets ton bonnet, tes gants, ton casque ou tes lunettes de soleil ».

En matière de réaction par contre, les mères sont souvent moins prodigues en conseil. En situation de survie le principal danger immédiat étant souvent l’homme (guerre, émeute, agression sexuelle ou vol avec violence…) ou les animaux sauvages (mais avec une moindre probabilité à moins d’évoluer dans la jungle équatoriale), la réaction va souvent être synonyme d’Autodéfense et donc d’Attaque.

La règle des 7 priorités ne s’adressant pas uniquement aux enfants perdus sur une plage, on envisagera donc en fonction des circonstances le port et l’utilisation d’une Arme (en fonction des circonstances et du respect de la législation), fusse-t-elle de fortune. Attention, Autoprotection, Autodéfense, Attaque, Armes : voilà pour le A.

 

S pour Santé :

Examinons maintenant la seconde priorité.

Même les meilleurs ne sont pas à l’abri d’une erreur d’inattention ou d’un imprévu.
Après l’accident ou l’attaque, il sera parfois nécessaire de réparer les dégâts.

La seconde priorité est le « S » de Santé (la sienne et celle des autres) et de Secourisme. Votre copain risque de ne pas survivre à 3 minutes sans oxygène ou à grave hémorragie prolongée.

Apprenez donc à pratiquer la réanimation cardiaque, les compressions et quelques autres trucs du genre qui pourront sauver des vies en attendant les secours.

Le « S » de Santé est aussi le celui de Soins et d’hygiène corporelle.

Prenez l’habitude de soigner les petits bobos.

En situation critique, des ampoules au pied peuvent s’aggraver et vous ralentir considérablement et une petite coupure à la main va vous handicaper sans parler des risques d’infection.

Perdu dans la jungle, essayez de garder une hygiène acceptable, non pas que vous pourriez rencontrer Jane (ou Tarzan ?), mais bien pour prévenir les problèmes de santé. A défaut de douche, inspection, friction et automassages seront d’une grande utilité (aspect psychologique, …).

 

O pour Orientation :

Sain et sauf, la troisième priorité va consister à éviter ou à mieux appréhender la situation de survie qui risque de se présenter.

Le « O » d’Orientation de notre règle mnémotechnique « ASOPEAC » fait tout autant référence au choix d’une direction de marche qu’à une stratégie comportementale.

Orientation Physique :

Trois quarts d’heure sans faire un point topographique et vous risquez de vous perdre.

Sans carte ni boussole, pensez à lever la tête et examiner le paysage pour vous positionner. N’hésitez pas à revenir sur vos pas pour éviter de vous perdre si cela est nécessaire.

Orientation Mentale :

Et si malgré tout vous vous perdez, ne paniquez pas mais pensez « Oxygénation », « Observation » et « Organisation ».

Arrêtez-vous, calmez-vous et respirez un bon coup.

Ensuite examinez  la situation et notamment les ressources dont vous disposez.
Regardez autour de vous ainsi qu’au fonds de vos poches.

Les 5 C :

Vous devriez y trouver des outils ou ressources pour surmonter chacune des 7 difficultés de la survie et notamment les 5 « C » (Voir la règle des 5 « C » que sont Coupant, Cordage, Comburant, Couverture et Contenant mais pourquoi pas 7 « C » avec Contenu et Communication).

Avec ou sans outils, n’oubliez jamais que vous êtes la principale des ressources :

Ce n’est ni un couteau, une gourde ou une boussole qui vous permettront de survivre mais bien votre volonté, votre ingéniosité et votre condition physique.

Soyez organisé.

 

P pour Protection :

La nuit va tomber ou le soleil est au zénith, pensez donc à vous protéger du froid mais aussi du soleil.

Les déperditions thermiques sont les premières causes de mortalité en situation de survie, bien avant le manque d’eau ou de nourriture.

Le « P » de Protection vous invite à vous trouver ou à vous construire un abri.

On retrouve le « P » dans le mot grec « Pyro » qui signifie « feu ». En réelle situation de survie (veillez à respecter la législation dans le cas contraire), un feu vous sera d’une grande utilité, non seulement pour vous réchauffer mais aussi pour :

  • vous éclairer,
  • indiquer votre position,
  • éloigner les animaux sauvages,
  • faire bouillir de l’eau
  • cuire vos aliments
  • son incroyable effet psychologique qui remontera le moral des plus malheureux des survivants.

 

E pour Eau

C’est bien beau tout cela, mais ça donne soif et ça creuse l’estomac.

Le besoin d’Eau n’apparait qu’en cinquième position dans la règle « ASOPEAC ».

Ce classement est exact si on raisonne en termes de hiérarchisation des dangers mais en pratique et à moins d’être perdu en hivers dans le grand nord canadien à la tombée de la nuit, le « E » de « Eau » vient rapidement nous rappeler au combien cette ressource est indispensable à la survie.

C’est vrai qu’on peut survivre au moins 3 jours sans boire mais il n’est pas moins vrai qu’il est conseillé de boire par petite gorgée toutes les demi-heures.

En situation extrême, il est parfois conseillé de boire de préférence au matin et à la tombée de la nuit pour limiter les pertes par transpiration.

Quoi qu’il en soit, boire est indispensable non seulement pour la survie mais aussi pour l’efficacité. Il existe une forte corrélation entre le pourcentage de perte en eau corporelle et la diminution des performances physiques et intellectuelles.

Une perte de 2% du poids du corps correspond à une diminution de 20% des performances.

Pour un Homme de 80 kg, une telle perte correspond à 1,6 litre soit à peu près la consommation d’eau recommandée pour une demi-journée.

Ces chiffres (qui dépendent fortement de l’environnement, ndlr) vous permettent de mieux apprécier la priorité.

Ne vous éloignez pas donc de votre gourde (et de son quart métallique) et apprenez à trouver puis purifier de l’eau.

Inutile de penser à manger si vous n’avez pas d’eau. Il est même fortement déconseillé de manger en cas de déshydratation puisque la digestion consomme beaucoup d’eau.

 

A pour Alimentation

Par contre, si la priorité « Eau » a été respecté et bien gérée, un petit quelque chose à grignoter vous redonnera de l’énergie.

Les plus prévoyants auront sur eux une barre chocolatée, des morceaux de sucre ou un paquet de cacahuètes.

Pour les autres ou si la situation s’éternise, il faudra envisager la collecte de plantes sauvages (ortie, pissenlit, épines de pin…), la recherche d’insectes ainsi que la pêche et la chasse de petits gibier (en respect de la législation si la situation n’est pas critique).

Concrètement en situation de survie je conseille le piégeage plutôt que la chasse, et je pense au rat des champs plutôt qu’au sanglier mais à chacun selon son appétit et ses compétences.

Méfiez-vous tout de même car tout cela est bien plus facile à dire qu’à faire.

 

C pour Communication

Même si, tel Robinson Crusoé, vous êtes confortablement installé dans votre cabane avec à boire et à manger à profusion, il va arriver un moment ou vous allez avoir envie de retrouver vos proches ou la civilisation.

Dans la plupart des cas, faute de soins médicaux adaptés, de protection thermique satisfaisante ou de ravitaillement suffisant, cela va devenir une question de survie.

Il va donc falloir penser à communiquer.

Le « C » de notre règle « ASOPEAC » vient en septième et dernière position : 
C’est sa place si on hiérarchise la dangerosité des situations mais concrètement, je préconise de communiquer au plus tôt et au plus vite en fonction des circonstances.

Un appel téléphonique dans les premières heures pourra éviter de se perdre ou pourra servir à communiquer sa position.

Vous pourrez ensuite indiquer votre passage et votre direction par différents signaux (flèches en bois des « castors juniors », branches brisées, tas de cailloux, touffes d’herbe…ou tout simplement un post-it épinglé sur un arbre) pour aider les secours.

Une fois installé dans votre campement, inutile d’attendre 3 mois pour préparer des feux de détresse (bois sec la nuit pour la lumière et branches ou pneus le jour pour la fumée), qui doivent pouvoir être allumé rapidement dès que nécessaire (par exemple au passage d’un hélicoptère de recherche).

Installez de préférence 3 feux en triangle (signe international de détresse) et allumez-les.

Sur un sol dégagé, des signaux avec des pierres et des branches auront la même utilité.

 

Pour aller plus loin que ASOPEAC :

La règle des 7 priorités « ASOPEAC » gagne a être complétée d’une étape préliminaire (quand c’est possible) que j’identifierai avec la lettre « P »: PASOPEAC

Le « P » de préparation bien sûr (préparation matérielle mais surtout psychologique, physique et technique) mais aussi le « P » de Prudence, Prévoyance, Précaution et Présence d’esprit. Cette étape « P » précède directement l’étape Attention/Action et peut s’interpréter comme « la règle de l’instant ».

Du coup, la méthode peut être lu et décomposée en 2 sous modèles, d’utilisation beaucoup plus pratique :

  • PASO-PAC pour Prévoyance, Action, Contrôle (« C » regroupant Santé et/ou Orientation). Ce modèle se retrouve en self défense, en séquence de tir, en secourisme : c’est un modèle d’action immédiate quasi universel
  • PASO-PEAC (comme vu plus haut) pour Protection, Eau, Alimentation, Communication. Ce modèle de survie « bushcraft » permet qui de gérer les priorités de survie sur plusieurs heures ou journées.

En suivant la méthode «PAC et « PEAC», vous devriez rapidement retrouver la civilisation, votre connexion internet et votre site préféré, « GUIDE DE SURVIE » bien sûr (ndlr : Merci Ludo).

En attendant de vous perdre, je vous conseille de rester connecté et de lire les prochains articles.
Ludovic Le Noan

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